Une étudiante Paris Sorbonne examine le château de Brésis

A droite, Laeticia Gineste accueille l'étudiante Lou Pingusson, Paris Sorbonne au château de Brésis.

A droite, Laeticia Gineste accueille l’étudiante Lou Pingusson, Paris Sorbonne au château de Brésis.

La semaine dernière, Lou Pingusson, étudiante en 3ème année de licence en archéologie à Paris Sorbonne, a passé au peigne fin le château de Brésis, situé sur la commune de Ponteils-et-Brésis, afin de continuer à percer les mystères du « castrum » primitif.

Laeticia Gineste, Lou Pinguisson et Elisabeth Hébérard.

Laeticia Gineste, Lou Pinguisson et Elisabeth Hébérard.


L’étudiante a analysé, lors d’une visite de terrain au château, avec Elisabeth Hébérard, présidente du Groupe Alésien de Recherche Archéologique, les différentes étapes de construction du monument mais surtout l’intérêt architectural et archéologique du travail de la roche qui a été effectué dans ce château en partie troglodyte.

Une situation privilégiée – Un travail de la roche – Une cave de stockage
- Il y a trois informations importantes et liées : 1er : la présentation de la situation dominante, ostentatoire et privilégiée au-dessus de deux importantes voies de circulation avec le passage de la rivière de La Cèze (qui a pu, elle aussi, être une voie fluviale de transbordement) ; 2ème : la préparation par les carriers d’un éperon rocheux pour donner au château une solide base « excavée », source de matériaux pour la construction et surtout preuve d’un « édifice pré-pensé » (citerne et cave) ; 3ème : l’interprétation donnée à cette « cave » ayant pu être lieu de stockage lié aux échanges commerciaux médiévaux entre montagne et plaine.
- Il est certain que cette « grande cave » est à la base des recherches pour cerner la fonction et l’importance de ce château dans l’économie locale médiévale.

Les archéologues font le rapprochement avec d’autres sites. Tout d’abord, avec ce travail de roche, de troglodyte, comme à l’abbaye de Saint-Roman près de Beaucaire ou le château de Mandajors à Saint-Paul La Coste.
« Mais au château de Brésis, on rencontre le problème existant sur de nombreux sites, où l’archéologue doit démêler l’écheveau des diverses occupations qui se sont succédées et superposées dans le temps. Les différentes campagnes de constructions ont considérablement modifié l’aspect du rocher », précise l’étudiante en archéologie.
Les spécialistes se demandent même si un ermite vers l’an mil ne serait pas venu s’installer sur ce bloc de schiste qui surplombe la rivière de La Cèze ?

Le château primitif de Brisis

La cave troglodyte du château

La cave troglodyte du château

Les recherches réalisées par Lou Pingusson ont permis de confirmer le but de l’emplacement d’un château à cet endroit.
Ici à Brésis, ils ont coupé la montagne en deux pour créer un fossé sec large et profond et réutiliser les pierres pour édifier le château.
Au carrefour de deux grands axes de communications, La Régordane et la Cezarenqua, la forteresse primitive de Brisis a été construite sur un bloc de roche qui lui sert de fondation et en partie creusée à même la roche de manière exceptionnelle », avance Lou Pingusson, en ajoutant : « On ne peut aujourd’hui que découvrir le squelette du château de Brésis car tous les éléments de bois ont disparu. En effet, niches et trous taillés dans le rocher questionnent toujours, notamment dans le fond de la cave troglodyte avec une niche parfaitement circulaire qui interroge sur son utilité ».
« Avec la solidité de la roche, ici à Brésis, on vit sur et sous la terre, la taille du schiste a servi de carrière de pierre pour construire le château… Ce qui est vraiment impressionnant c’est que le socle primitif du château a été entièrement creusé au burin et à la pic dont on voit encore des traces dans la cave troglodyte », précise l’étudiante.
« Il est très probable que le château était un lieu de stockage, avec sa cave troglodyte, d’une capacité de 100 m3 surmontée d’une voûte en plein cintre remarquablement conservée. Une température entre 12 et 18 degrés, donne une fraîcheur à la salle de stockage. Entre le hall d’entrée et la cave, une salle de garde avec une cheminée et un banc taillés dans le rocher sur 1 mètre 80 de hauteur. Ainsi, le seigneur d’Hérail de Brisis, aussi coseigneur de la Garde-Guérin toute proche, devait descendre des produits de Langogne ou plus loin d’Auvergne, comme le fromage, la viande et le vin, pour les stocker en toute sécurité dans son château familial. Pèlerins, voyageurs et commerçants en faisaient-ils autant si leur étape s’arrêtait au château ?
Quoi qu’il en soit le château des Hérail de Brisis n’a pas encore révélé tous ses secrets.

Les archéologues dans la cave.

Les archéologues dans la cave.

Les archéologues dans la cave.

Les archéologues dans la cave.

Texte & photos : FD.

À propos de cevennes

Association Les Amis du Château de Brisis c/o Frédéric Dussaud Les Champs 30450 Aujac Tél : 07 77 05 66 83 Email : chantierlasogne@hotmail.fr

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2 Réponses à “Une étudiante Paris Sorbonne examine le château de Brésis”

  1. Bertolini Jacques Dit :

    Je suis très content que ce château soit enfin pris en considération , c’est , pour moi , un des fleurons de notre patrimoine .

  2. Lambert Dit :

    Suis intéressé par ce site passe souvent par là

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